Par ce billet, nous avions essayé de relater quelque peu le grand parcours footballistique en tant que joueur et coach d’un joueur exceptionnel, qui, de par sa classe, avait émerveillé les fans du bon football et révolutionné le football oranais et mascaréen en particulier, dont le seul nom fait encore frémir les nostalgiques de la grande époque.
Ainsi, Khenane Mahi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fait-il partie des grandes icônes, que la ville de Mascara a enfantées depuis l’ère de l’Étoile musulmane mascaréenne (EMM), créée en 1908 jusqu’au Ghali (1925). Ceci étant, Mascara demeurait un grand bastion de création de grands joueurs. Nous citerons entre autres feu Meflah Aoued, Gotni Mokhtar, les frères Djaker, Lagha Sadek, Hadj Mekkioui, Boukhodmi Djelloul, Benzaoui, sans omettre les Guedra dit «Hoppa» et Bacha Ahmed, qui sont en vie, car les citer tous serait fastidieux car il se serait faire parler plusieurs générations. Le dernier en date demeure Belloumi Lakhdar. Mais, cela va être remédié par l’édition d’un livre relatant la saga du football mascaréen grâce à notre ami et confrère Benzaoui Mohamed, dont le père a été joueur avec le GCM, l’AGS Mascara et membre de la LOFA. Au passage, nous l’en remercions pour les informations, qui nous ont permis de peaufiner encore mieux le portrait de Khenane et ce n’est pas sans raison que plusieurs chansons l’avaient glorifié, entre autres : «Ras edhab ya delali» et «Lard ya Mahi». Ainsi, Khenane reste-t-il l’un des plus populaires et aimés des sportifs mascaréens tant par sa classe, sa «rojla» et son honnêteté. Et, ses anciens adversaires, tels que les grands défenseurs à l’exemple de Sadji Tahar et Saïd Amara (JSMT), ainsi que les gardiens de but Ouenès (SCMO), Zimmerman (MCS), Verdier (WAT), feu Krimo (JSMT), Benmoussa (ESM), ne diront sûrement pas le contraire relatif à sa grande classe de buteur et de meneur d’homme. Cela dit, issu d’un milieu modeste, Khenane Mahi n’avait qu’une passion : le football. Très jeune, il signa une licence au GCM, qui, à cette époque, était l’une des meilleures formations d’Afrique du Nord mais dont une bonne partie de l’ossature avait soit raccroché soit est allée voir ailleurs pour diverses raisons. Mais, cela n’avait guère perturbé les dirigeants de l’époque en raison du vivier couvé par les «chouyoukhes», à l’exemple de Meflah Aoued, l’un des talents en herbe du Ghali, qui allait en deux ans défrayer la chronique sportive en attirant de ce fait l’oeil des sélectionneurs et recruteurs français sur ce jeune de 18 ans, dont la morphologie dépassait largement la moyenne. Ainsi, Khenane fut-il contacté à Mascara par les dirigeants du Stade rennais, qui, à l’époque, faisait partie des grandes cylindrée du championnat de Ligue 1 française, qui l’avait supervisé contre l’USMBA, à qui il avait marqué deux buts, l’un de la tête l’autre d’un bolide, alors que le but bélabbessien fut l’oeuvre du grand Larbi Benbarek, qui, à la fin du match, conseilla à Khenane de tenter sa chance en France. Ainsi, suivant ce conseil, donna-t-il son accord au président rennais, qui s’était déplacé en personne à Mascara. Ainsi à 20 ans, devient-il titulaire indiscutable pendant 6 ans. Il donna la pleine mesure de son talent époustouflant en qualité d’avant-centre type mais de bûcheron car, malgré sa forte morphologie, il se distinguait par une technique en mouvement remarquable et surtout par l’habilité de se démarquer avec un art de placement et un bon jeu de tête, qui est le résultat de ses qualités athlétiques. Sa détente verticale phénoménale allait faire des ravages sans omettre sa frappe des deux pieds d’une puissance et pureté rarement inégalées. D’autre, il fut autant bon remiseur que bon buteur. Ainsi, fut-il sélectionné à deux reprises par Vincent Ghillas et Penverne pour remplacer Kopa, à l’occasion des éliminatoires de la Coupe du monde et, la même année, il fut sacré meilleur footballeur et étoile d’or de l’Hexagone. Ensuite, il rejoignit le FC Toulouse, où, pour sa première saison, il inscrivit la bagatelle de 22 buts, devenant ainsi premier buteur. Ce record ne sera battu que 46 ans après par Gignac actuel international de l’équipe de France. Ensuite, ce sera au tour de Nîmes, Lorient et le Red-Star de vouloir s’attacher les services de Khenane. Après 12 années de professionnalisme avec 300 matchs joués et 120 buts dans son escarcelle, il reviendra à Mascara pour un nouveau challenge. Entre-temps, Khenane Mahi, appelé en équipe nationale à plusieurs reprises, aura l’honneur de marquer un but d’anthologie aux Allemands, qui, deux ans plus tard, allaient être finalistes à la coupe du monde 1966 disputée en Angleterre. Au cours de ce fameux match disputé au stade d’El-Annassers (20-Août), Khenane Mahi avait joué aux côtés des inoubliables Zitouni, Saïd Amara, Oudjani, Messaoudi, Boubekeur, Le public algérois fut enthousiasmé et très emballé par l’immense bagage technique et physique du Mascaréen. Même le gardien de but Allemano dut s’avouer vaincu sur un bolide des 20 m. Ce dernier, sans complexe, le félicita, lors de la saison 1968-1969. Le regretté et ex-président du Ghali Hadj Meliani Mohamed, qui, à l’époque, faisait partie des haut gradés de la Gendarmerie nationale, décida de frapper en grand coup. Et, désirant donner une nouvelle impulsion au club, il ne lésina sur aucun sacrifice, notamment financier, pour faire venir l’enfant prodige du bled, qui cumulera les fonctions d’entraîneur et de joueur. Son transfert coûta, à l’époque, l’équivalent de la totalité d’une grosse cylindrée de Nationale 1. Sa venue souleva l’enthousiasme des GC Mascara : Khenane Mahi Un des plus grands joueurs que Mascara ait enfanté supporters et allait donner une nouvelle dimension à la rivalité sportive des grands clubs de la région ouest de l’époque, à l’image des WA Tlemcen, SCM Oran, MC Oran, JSM Tiaret, ES Mostaganem, USM Bel-Abbès, MC Saïda, ASM Oran, etc. Les chocs entre le Ghali et ces équipes resteront inoubliables, sans omettre que les stades étaient pleins à craquer par des supporters chaleureux, qui, de bonne heure, étaient sur les traves des stades. Il fallait le souligner et, durant 3 bonnes saisons, le fameux slogan «Lard ya Mahi», faisant allusion au jeu académique du Ghali, résonnait à tue-tête dans les travers du stade Meflah et, sur tous les stades, où évoluait le Ghali. Au cours de ces 3 saisons Khenane inscrivit plus de 60 buts, toutes compétitions confondus, au sein d’une équipe de rêve, qui pratiquait l’un des footballs les plus académiques et spectaculaires du pays. Khenane enflammait les foules aux côtés d’autres artistes, tels que Hadj Boutaleb Mohamed, Diab Boudjellel, Henkouche Mohamed, Hadj Dehim, Kessas Ahmed, Saâdoune dit «Ghomis», Benmessabih dit Hebitrou, Bottiche, Kaddaoui dit Toto, feu Hocine Mano, Hadj Kaoubi, Guedim Hamida, Hamid Ould Bolite, Boucif, feu Baker, Dahaia, feu Embarek, Dino, etc. Leader de son équipe, il fut surnommé «monsieur but» et la presse spécialisé se posait déjà la question de savoir ce qui pouvait arriver si Khenane Mahi ne marquait plus de buts. A suivre…
Dixième année – Numéro 3217 – Samedi 22 Janvier 2011 – www.echo-doran.com – Prix 10 DA



















































11 mars 2011 à 12 12 20 03203
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