RSS

Haïmoudi : «Avant ESS-MCA de l’an dernier, j’avais subi des pressions terribles des deux camps»

19 février 2011

Sougueur, sport

C’était à l’occasion de la rencontre IRB Sougueur-IRB Maghnia. Le déroulement de cette rencontre avait coïncidé avec la campagne électorale des APC et APW. Au stade, il y avait des slogans politiques, il y avait une pression terrible. A la 85’, j’avais accordé un penalty pour Maghnia à Sougueur. Une grande pagaille s’en est suivie. Les supporters ont envahi le terrain..

«Si on me donne le feu vert, je parlerai de tout»

Lui, c’est l’homme aux cinq finales de Coupe d’Algérie. Il s’agit de Djamel Haïmoudi qui a été retenu par la CAF pour diriger des rencontres du CHAN qui se déroule au Soudan. Nous avons profité de cette occasion pour discuter avec lui. 



Vous êtes ici au Soudan pour diriger des matchs du CHAN, une autre compétition internationale…
Oui, après avoir dirigé la CAN 2008 au Ghana, la CAF m’a retenu pour le Championnat d’Afrique des nations réservé exclusivement aux joueurs locaux. C’est dire que la CAF fait confiance aux arbitres algériens.
Mais à chaque fois, on ne parle que de Haïmoudi ou Bennouza. Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres noms ?
Oui, c’est vrai, mais je pense que cela est dû à cause de notre statut d’international depuis 2002. Par ailleurs, il y a une liste à la CAF d’arbitres internationaux, seulement dont le nombre ne doit dépasser deux pour chaque pays. Cela est dû grâce à l’excellent travail effectué entre 1997 et 2002. Les arbitres algériens sont excellents par rapport à ceux du Maroc ou de la Tunisie.
Parlons, si vous le voulez bien, de vos débuts dans l’arbitrage, comment ça s’est passé ?
C’était par un simple hasard. Je jouais comme défenseur central au sein de l’équipe de l’Ittihad Baladiat Relizane, la deuxième équipe de la ville. C’est ainsi qu’un certain monsieur Frih est venu me voir pour m’intégrer dans le corps arbitral. C’était en 1988.
Après avoir remporté le concours de l’Inter-Régions, j’ai été désigné arbitre assistant lors d’un match CR Témouchent-IRB Sougueur. L’arbitre de la partie étant absent, le délégué du match, M. Bensekrane Ahmed, avait alors décidé que je dirige la rencontre. Dieu merci, ça s’était bien passé. Par la suite, j’ai arbitré 24 rencontres de  3e Division. La saison d’après, j’ai dirigé des matchs de D2.
Votre première rencontre en D1 ?
C’était en 1997, la rencontre avait opposé l’AS Aïn M’lila à l’USM Blida, au stade de Aïn M’lila (ndlr: stade Demène Debbih). Je dois préciser que M. Belaïd Lacarne m’avait beaucoup aidé.
Des souvenirs de cette rencontre ?
Oui, je me souviens que j’avais bien dirigé les débats, malgré la pression. Vous savez, les supporters veulent toujours voir leur équipe gagner. C’est ainsi qu’ils exercent une pression terrible sur l’équipe adverse pour gagner. Autrement dit, on s’attend toujours à de la pression de leur part.
Votre premier derby ?
C’était en 1998 entre le CRB et l’USMH. J’ai dirigé d’autres derby aussi de l’Algérois et même celui de Constantine.
On imagine que la rencontre la plus difficile que vous avez dirigée durant votre carrière reste A. Boussaâda-Paradou AC…
Non, jamais ! Lors de cette rencontre, il s’est passé beaucoup de choses. Mais j’ai vu pire. Vous voulez savoir quel est le match le plus difficile que j’ai géré ?
Bien sûr…
C’est bien ESS-MCA qui a eu lieu au stade du 8-Mai-45 de Sétif. C’était un match sous haute tension, surtout qu’il s’agissait d’une finale pour le titre de champion. A partir des gradins ou de la télé, ça vous paraît facile, mais sur le terrain, c’est autre chose. Et puis, on m’a mis une pression terrible.
Comment ça ?
Les deux équipes jouaient le titre. J’ai subi de fortes pressions des deux camps. Même lorsqu’ils font pression sur la FAF. J’estime,  avoir sorti un bon match.
L’an dernier, la veille du clasico JSK-MCA, les dirigeants du Mouloudia avaient contesté votre désignation. Finalement, vous avez été à la hauteur. Mais à la fin de la rencontre, ce sont les Kabyles qui vous ont contesté…
Je ne veux polémiquer. Je veux parler de manière générale. Citez-moi un match où les présidents de club ne critiquent pas un arbitre à la fin de la rencontre ? Que ce soit après une victoire, un nul ou une défaite.
C’est très rare de voir un arbitre répondre à la presse, malgré les accusations. Mais vous, vous avez brisé le silence après une rencontre ayant mis aux prises le CRB avec l’ESS…
Depuis la venue de M. Belaïd Lacarne à la tête de la commission fédérale, une nouvelle règle a été mise en place. Pas de déclaration à la presse sans l’aval de la CCA. Moi, si on me donne le feu vert pour parler après chaque match, je le ferai le plus normalement du monde.
Racontez-nous ce qui s’est passé lors du match A. Boussaâda- Paradou AC ?
Le match s’est déroulé dans un fair-play exemplaire. A la dernière minute, le Paradou avait réussi à égaliser, au grand dam de la galerie locale qui n’a pas trouvé mieux que d’envahir le terrain, juste après le coup de sifflet final. J’ai été blessé à la tête. Mais il y a un autre match que je n’oublierai pas de sitôt.
Lequel ?
C’était à l’occasion de la rencontre IRB Sougueur-IRB Maghnia. Le déroulement de cette rencontre avait coïncidé avec la campagne électorale des APC et APW. Au stade, il y avait des slogans politiques, il y avait une pression terrible. A la 85’, j’avais accordé un penalty pour Maghnia à Sougueur. Une grande pagaille s’en est suivie. Les supporters ont envahi le terrain.
Les déclarations du président du CRB, Mahfoud Kerbadj, vous avaient-elles touché ?
Tout à fait. D’ailleurs, j’ai porté l’affaire à la justice. Je tiens aussi à préciser que parfois, des gens font des déclarations sans la moindre preuve, dans le but d’intimider les arbitres, notamment les jeunes.
Y a-t-il un match qui vous ait fait peur ?
Oui, mais c’était un match international. A l’occasion des éliminatoires de la Coupe du monde 2006, la Libye avait accueilli l’Egypte à Tripoli. Avant la rencontre, les Egyptiens avaient déclaré que la Libye n’allait pas pouvoir lui barrer le chemin du Mondial. Cela avait irrité les Libyens. A mon arrivée au stade, j’étais sous une terrible pression, avec la présence de 120 000 supporters et des autorités libyennes. C’était devenu une affaire d’Etat et la Libye s’est imposée .
Vous avez dirigé d’autres matchs sur le plan continental…
La Supercoupe d’Afrique, la finale de la Ligue des champions africaine entre Coton Sport Garoua et Al Ahly du Caire. J’ai même dirigé le quart de finale entre la Côte d’Ivoire et la Guinée lors de la CAN 2008. J’ai aussi officié un match amical entre l’Egypte et l’Argentine.
Votre collègue Bennouza n’a pas été retenu pour la Coupe du monde, idem pour la Coupe d’Asie, à cause de ses assistants…
J’ai été très déçu pour lui. Il a travaillé dur pendant quatre ans, mais à cause des juges assistants qui ont échoué au test physique. Le destin a même voulu qu’il ne dirige même pas un match de Coupe d’Asie. J’espère qu’il aura d’autres chances.
Quels sont les arbitres algériens qui pourraient aller loin dans leur carrière ?
Je pense qu’il y a Bouster et Bouhenni. Ce dernier a échoué dernièrement dans le concours physique. Il lui faudra travailler plus pour réussir.
On dit que les conditions de travail des arbitres se sont améliorées ces dernières années ?
Oui, c’est vrai. Depuis la venue de Mohamed Raouraoua et Belaïd Lacarne, les conditions de travail se sont améliorées pour nous.
On dit que Belaïd Lacarne favorise les arbitres de l’Ouest, est-ce vrai ?
Non, ce n’est pas vrai. En tout cas, moi je le considère comme un père et j’ai beaucoup appris de lui.
Revenons un peu en arrière, vous avez été mis au frigo après un fameux JSK-MCA de 2001, le regrettez-vous ?
Oui, je le regrette amèrement, car j’aurais dû sanctionner Hakim Benhamlat. A l’époque, il a tenté de m’agresser, mais je lui ai brandi le jaune au lieu du rouge.
Vous avez dirigé, en 99, une demi-finale de Coupe d’Algérie entre le Mouloudia et l’USMA dans des circonstances assez particulières…
Ah oui, c’était dans un stade du 5-Juillet archicomble. Le Mouloudia avait remporté le championnat un mois auparavant. Donc, il y avait moins de pression. En plus, au lieu de se jouer en aller-retour, la demi-finale a eu lieu sur un seul match, après cette histoire de domiciliation du derby.
Avez-vous eu à gérer derby difficile ?
C’est celui entre le CAB et le MSPB. J’ai dirigé MCA-USMA à plusieurs reprises, CSC-MOC aussi, mais celui de Batna est celui qui aura été le plus difficile.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

À savoir sur le phénomène I... |
Encrage |
LE BLOG DE MAITRE YVES TOLE... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | sitehgeo4
| "L'arbre qui tombe peut fai...
| Dra. Monica Guia