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Ulac Tamazight… Par Brahim TAKHEROUBT

3 octobre 2011

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Le Salon international du livre d’Alger s’est terminé hier et ses hôtes sont rentrés chez eux satisfaits d’avoir réalisé la bonne affaire puisque près de 80% des livres exposés ont été vendus, à en croire les organisateurs de ce salon. Mais sur cet orgue livresque manquait la touche amazighe et la symphonie jouée à Ben Aknoun,

sur les hauteurs d’Alger, tonnait en déphasage avec celle qui se joue actuellement dans toute l’Afrique du Nord. Alors que l’Amazighité est en train de retrouver ses heures de gloire en Libye, en Tunisie, et plus particulièrement au Maroc où elle a été consacrée langue officielle, en Algérie elle recule. En tout cas, à voir la place qui lui a été réservée à ce Salon du livre, on ne peut être que déçu. En dehors du stand du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA) dont la superficie ne dépasse pas les 4 m², pas la moindre trace des maisons d’édition en tamazight, pas la moindre conférence, pas la moindre table ronde. La langue de Massinissa, de Jugurtha, Takfarinas, celle de ceux qui ont construit le tombeau dit de la Chrétienne, des Djeddar de Tiaret, de la Kahina, de Koceyla n’a pas eu droit de cité dans un chapiteau. Comment peut-on espérer alors qu’elle ait sa place et son statut de langue officielle dans la prochaine Constitution? Pourquoi cette multiplication d’obstacles fallacieux quand il s’agit de se réapproprier une culture et une langue dont le peuple a hérité depuis des millénaires? «Je voyais que dans toutes les matières qu’on apprenait, il était question de tout le monde sauf de nous», avait noté le chantre de la culture amazighe, l’écrivain Mouloud Mammeri dans son dernier colloque qu’il avait animé à Oudjda (Maroc) en 1989. Vingt-deux ans plus tard, c’est la même partition qui se joue. Il a été question de toutes les cultures au Sila, sauf de la culture amazighe.
Si on fait l’hypothèse charitable qu’il s’agit d’un impair, il s’agira de savoir s’il a été fait sciemment ou est-ce un oubli. Dans un cas comme dans l’autre, il ne fait qu’aggraver la négation d’une composante majeure de la société algérienne. Pourquoi Dieu nous nous contentons de ce second rôle qui nous réduit à être là pour perdre la première bataille en souhaitant qu’il y ait une seconde? La langue Tamazight mérite mieux qu’un pareil déni. De tous les pays d’Afrique du Nord, l’Algérie a été le fer de lance de cette revendication identitaire. Au moment de cueillir le fruit, l’Algérie se retrouve à la traîne d’un combat que ses enfants ont mené sans relâche depuis 1949, date de la crise dite berbériste au sein du PPA-Mtld. Avant d’être assassiné à son tour en juin 1998, un autre géant du combat identitaire, Matoub Lounès, chantait dans son ultime album: Ma ulac Tamazight ulac, ulac, ulac… Au dernier Salon du livre, Ulac Tamazight.Pleure Ô vestale!

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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