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Le cercle de Tiaret

27 juillet 2012

AIN DEHEB, Archives, HISTOIRE, Sougueur, Tiaret

Le cercle de Tiaret forme un grand quadrilatère, sorte de rectangle irrégulier, dont le grand axe est dirigé sensiblement suivant la ligne des chotts, c’est-à-dire S.O.-N.-E., il commence au-delà de la ville de Tiaret, un peu au Sud des cascades de la Mina et finit en avant des premières rides du djebel Amour. Très montagneuse dans sa partie septentrionale, à l’exception d’une faible étendue des hauts plateaux du Sersou, ses limites, à l’Est, suivent une ligne rasant les sources de Taguin et venant se terminer au Daia Mta-Radjela et le djebel Guebeurel- Achi ; à l’Ouest, elles commencent sur le versant méridional de Cheika-Toual-el-Beila, coupent le chott Ech-Chergui et se prolongent jusques un peu au-dessous de Daia-ech-Chelib, enfermant ainsi une zone très vaste de la région vraiment typique des Hauts-Plateaux. Au Sud, il s’arrête en son point le plus oriental, au djebel El-Achi et est alors jalonné par une série de plis montagneux, le djebel Archa, le djebel Si-Lhassen, le djebel Zreïga, auxquels succèdent des dépressions, des datas ou sources : Oum-el-Guetouta, El-Aliat, Daïa-Fréha : il atteint ainsi Ferast-el-Leben. ravin qui le sépare de l’annexe de Saïda. Sa limite Nord, à partir des r’dirs de Farat-el-Hassau’ s’enfonce en une ligne capricieuse, à travers les massifs montagneux du Tell : le djebel Kermess, Hassina, le djebel Lakdar, dont elle suit le flanc oriental, puis monte au Nord, près des cascades de la Mina, et là, plus régulière, comprend le djebel Si-Habed, passe par l’Ain-Timetlaket pour se couder brusquement à quelques kilomètres au nord de l’oued Sousselem. Dans son ensemble, le cercle de Tiaret se divise naturellement en deux zones: la région tellienne monlcagneuse, au Nord et au Nord-Ouest ;au Sud, les Hauts-Plateaux comprenant le chott Ech-Chergui, et auxquels il faut rapporter physiquement la faible portion du plateau du Sersou, que le cercle comprend dans sa limite Nord oriental.

Dans le Nord, les terrains secondaires (jurassiques très étendus et une mince bande de couches crétacées) s’étendent sous forme d’une barrière plus ou moins compacte, plus ou moins régulière depuis la Chebka-Toual à l’Ouest (annexe de Saïda), jusqu’auprès de Ben-Hamade à l’Est (annexe de Ghellala). Coupés de plaines, présentant même ça et là de simples alignements montagneux, séparant de gratides dépressions, dans la région orientale (djebel Chemakr, djebel Krosni, djebel Ferratis), ces terrains sont au contraire très accidentés avec des reliefs puissants et de profonds ravins, dans la partie orientale., C’est là que prennent naissance de nombreuses sources, origines de cours d’eau, qui forment des oueds importants : l’oued Mina, l’oued Anasseur (Sousselem) et de quelques aflluents : l’oued Kerbout, l’oued Bou-Akerout, pour la pariie septentrionale ; pour les régions basses et de grandes plaines de ces trèmes formations: l’Ain Saïd ; enfin l’Ain Ousseurklir qui, sur la limite des terrains jurassiques et quaternaires, se continue par l’oued Ben-Hadja, affluent de l’oued Touil lequel va plus bas, dans le département d’Alger, former l’oued Chéliff.

Parmi ces oueds, les uns sont tributaires du bassin méditerranéen : la Mina et le Nahr-Ouassel, affluents du Chéliff, l’oued Anasseur (Sousselem), l’oued Ben-Hadja; les autres : oued Kerbout, oued Bou-Akerouf déversent leurs eaux dans le bassin des chotts. Les sources dispersées dans cette grande aire sont relativement nombreuses et importantes; pourtant cette richesse s’affaiblit dans l’Est et particulièrement pour les régions voisines de l’oued Ben-Hadja.

Mais la partie déshéritée, sous le rapport des eaux, tant sources vives que puits et r’dirs, s’étend surtout au Sud de l’oued Bou Hadja et d’une ligne passant par El-Ousseurkhr et la, pointe orientale du chott Ech-Chergui, Aïn-el-Guetouta: elle comprend en outre une portion de la plaine d’EI-Melah; c’est comme on le voit, plus de la moitié de la superficie totale du cercle.

On se trouve là en présence de terrains quaternaires anciens d’une puissance considérable, déposés sous l’influence de phénomènes clysmiens d’une grande énergie et d’une longue durée, ces formations pouvant atteindre trois cents mètres de profondeur et peut être même davantage.

Dans le Sud-Est, aux limites extrêmes du cercle, s’étend un réseau de plaines et de chaînons montagneux alternants : le djebel Aïcha, le djebel Si-Lhassen, le djebel Alleg, le djebel Zreiga; ce sont des sortes d’alignements réguliers qui vont de l’Ouest à l’Est, en s’échelonuant pour former les premiers reliefs du djebel Amour.

C’est dans la vaste région décrite ci-dessus et dont l’étendue s’élève à 1, 155,000 hectares, que les seize tribus dont se compose la population indigène du cercle, se livrent à l’élevage des troupeaux, des chameaux, boeufs, moutons et chèvres dont la vente constitue la principale ressource. Ces seize tribus peuvent toutes être classées dans la catégorie de celles qui se déplacent sur leur propre territoire, à des époques fixes. Elles forment trois groupes bien distincts, qui ont chacun des terrains de parcours et des campements d’hiver et d’été communs aux collectivités qui en font partie. Ces trois groupes sont :

1. Les Harrar-Cheraga, de beaucoup le plus important et qui comprend : les Ouled Sidi-Khaled-Cheraga, les Oulad Zouaï, les Oulad Bou-Aflif, les Kàalira, les Chaouïa, les Oulad Bel-Hoceïn ;

2.Les Harrar-Gharaba, groupe formé des : Oulad Zian- Cherraga, Oulad Zian-Gharaba, Oulad Haddou, Dehalsa, M’Rabtin Gharaba ;

3.Les Oulad Khelif, constitués par : les Oulad Bou-Renan, les Oulad Kharoubi, les Sahari-Cheraga, les Guenadza. Le territoire de chacun de ces groupes forme une bande longitudinale orientée du Nord au Sud, elle comprend : 1.pour l’été, des lieux de campements avec les terrains de culture et les pâturages nécessaires;

2. pour l’hiver, les mômes installations et les mêmes parcours.

Aussi la distribution des points d’eau et des pâturages entre les tribus du groupe n’a-t-elle rien d’absolu. Les trois groupes de tribus effectuent donc, chacune dans son secteur, deux migrations annuelles : aux mois d’octobre novembre ils prennent leur campement d’hiver dans la partie du cercle située au Sud d’El-Ousseurkhir; aux mois d’avril-mai, ils reviennent dans le Sersou ou la partie des Hauts-Plateaux, située au Nord d’El Ousseurkhr. D’une manière générale, les troupeaux exécutent les mêmes migrations en même temps que les tribus. La richesse de ces dernières se décompose de la façon suivante :

Le cercle de Tiaret  dans AIN DEHEB 888-300x210Ces chidVes ne peuvent être considérés que comme moyenne, car ils sont évidemment sujets à augmentation ou diminution annuelles, suivant que les rigueurs de l’hiver ou les sécheresses de l’été, ont plus ou moins contribué à la mortalité des bestiaux.

Il en sera de même jusqu’au jour où les indigènes, abandonnant leur indolence habituelle, s’efforceront de construire des abris approvisionnés de fourrages, pour protéger leurs troupeaux de la faim et des grands froids de l’hiver.

L’absence totale de ces précautions, leur fait subir des pertes considérables. Pendant l’hiver 1888-1889, plus de 207,000 moutons périrent de faim et de soif; en 1890-1891, plus de 80,000 moururent dans les mêmes conditions.

Comme nous venons de le dire, ces désastres pourraient être sinon évités, tout au moins très atténués, si les indigènes plus soucieux de l’avenir, utilisaient leurs longs loisirs d’été en construisant des baraquements rustiques pour la mauvaise saison et à proximité desquels ils réuniraient les approvisionnements de fourrages nécessaires pour la nourriture de leurs troupeaux.

Il convient de reconnaître que l’administration supérieure s’est déjà préoccupée de cette question, que des conseils sages et éclairés ont été donnés aux intéressés, mais il ne parait pas que jusqu’à ce jour, ils aient été suivis.

Aux rigueurs de l’hiver, viennent s’ajouter, comme cause de mortalité excessive, les sécheresses des étés ; là encore, le travail des indigènes pourrait suppléer au moins en partie, à l’inclémence des saisons, par l’aménagement plus rationnel des points d’eau et la création en hiver de nouveaux r’dirs destinés à conserver et à retenir une partie des pluies qui vont grossir sans utilité les oueds du pays.

Mais la paresse des indigènes est si grande, leur insouciance si absolue, qu’il est à craindre que de longtemps encore on ne les voie se livrer à de semblables travaux. Il faudra probablement avoir recours à la main-d’oeuvre européenne, payée sur les fonds publics, si on veut les exécuter d’une façon convenable et rationnelle. A ces causes purement physiques, il est nécessaire d’ajouter l’ignorance et l’indifférence des indigènes au sujet de la reproduction. Cette dernière s’opère sans soins, sans méthode;les produits sont peu ou pas soignés. Enfin l’appât d’un gain immédiat amène souvent les propriétaires à vendre leurs plus beaux sujets, sans se préoccuper de leur utilité pour la conservation et l’amélioration des troupeaux futurs.

On peut évaluer à287,0 hectares, l’ensemble des pâturages sur lesquels vivent les troupeaux appartenant aux indigènes du cercle de Tiaret. Dans ce chiffre, les cantonnements d’été figurent pour 122,000 hectares et ceux d’hiver pour 165,000 hectares. Les plantes fourragères que l’on y rencontre le plus souvent, sont :

1° Le chiih {artenlsla herba alba), herbe blanche, armoise, recherchée des moutons et des chameaux ; employée comme vermifuge par les indigènes ;

2° Le sennagh (lygéum spartum), lygée sparte, sparte albardine, plante textile et fourragère ;

3° Le retem, légumineuse ; bon fourrage recherché des moutons et des chameaux ;

4° Le drinn, graminée ; bon fourrage ; graminée très précieuse dans le Sahara, venant dans les sables. (La graine de cette plante est désignée sous le nom de loul) ;

5°Le zef-ef, hélianthène à fleurs sessiles ;

6°Le tagoufet, armoise des champs ;

7° Le djertil, tym d’Algérie. (Labiées) ;

8°Le reguig, fumana d’Arabie ;

9° Le bou-lahia {poa bullosa), graminée constituant de fins gazons recherchés des moutons ;

10° L’helma, trèfle bitumineux ;

11°L’alfa, fourrage médiocre, très abondant dans la région voisine de celle de Saida et exploité par la Compagnie  Franco- Algérienne ou ses fermiers.

En dehors de l’élevage du bétail, les indigènes du cercle de Tiaret se livrent à la culture des céréales. Comme le démontre le tableau ci-après, cette culture est relativement peu importante et ne suffit pas à l’alimentation des tribus qui sont obligées d’acheter le surplus qui leur est nécessaire sur les marchés de Tiaret, Vialar, Trézel et Ghellala, au moyen du produit de la vente de leurs bestiaux.

 

Cette façon de procéder remonte à des temps très reculés. Nous verrons dans le résumé historique, les Harrar et les Oulad Krelif, malgré leurs caractères belliqueux, se soumettre sans combat aux Turcs et aux Français, pour pouvoir conserver la libre pratique des marchés de céréales du Tell et notamment de la plaine d’Egris.8899-263x300 dans ArchivesComme on le voit, c’est en chiffres ronds ;36000 quintaux de céréales, composés de 1/3 de blé el 2/3 d’orge, que les indigènes du cercle de Tiaret tirent des 14 700 hectares estimés labourables sur l’ensemble de leur territoire. Il estincontestableque cette surface avec un peu d’initiative et de travail pourrait être considérablement augmentée — le développement du centre européen de Trézel en est la preuve. — Mais il ne faut pas espérer une amélioration sérieuse sur ce point. L’Arabe aime la vie contemplative, le travail est pour lui un signe d’infériorité et même d’esclavage. Ce n’est pas après une longue suite de siècles passés dans le repos qu’il secouera son indillërence pour faire produire à la terre les grains dont il a besoin pour se nourrir.. Il assistera impassible et indifférent à la mise en valeur par les européens de ces terres restées incultes depuis la chute des Romains; il se servira des routes qui seront tracées, utilisera les chemins de fer, si on en crée, mais loin d’être excité et encouragé par l’exemple, il conservera pieusement les traditions de ses ancêtres et restera spectateur impassible des efforts tentés autour de lui. Cela est si vrai que dans la région du djebel Amour, habitée autrefois par une peuplade berbère, les Beni-Rached. les Arabes conquérants ont préféré presque partout abandonner les ksars construits par leurs anciens propriétaires, plutôt que de se donner la peine de les entretenir.

M. de la Blanchère dans son voyage d’études  a tracé de l’Arabe du Sud, le portrait ci-après qui nous parait d’une fidélité remarquable ; « C’est comme vrais Arabes, vrais « musulmans, que les Ouled Sidi-Cheikh, les Trafi, les Harar « excitent chez leurs voisins du Nord un sentiment mêlé « d’admiration, de respect, surtout de terreur. L’homme du « Sud est un vrai Arabe, très pieux, ce qui ne coûte guère dans une religion où la morale consiste en préceptes de  politesse et en règlements domestiques. Il est brutal et son  idée de l’autorité est primitive : la supériorité sociale se manifeste par le droit d’appeler chien et de battre celui qui est à l’échelon au-dessous. Il est rusé, car, ne faisant rien et  n’étant pas gêné par mille idées qui croisent dans le cerveau d’un Européen, les calculs de l’intérêt personnel, il passera sa vie à ressasser et mûrir silencieusement un seul plan jusqu’au jour où il l’exécute. Il est profondément persuadé  de sa supériorité légitime sur tout ce qui n’est pas de sa race et ne mène pas son genre de vie ; et comme cette vie dure l’a  rendu plus cavalier et plus guerrier que les autres, il les en persuade à coups de sabre.

L’Administration supérieure, dans l’espoir de modilier et d’améliorer les caractères généraux des Harrars et des Oulad Khelif a créé 3 écoles nomades primaires qui suivent les tribus dans leurs migrations périodiques. Cet essai ne parait pas être absolument négatif car quelques «grandes familles» ont permis à leurs garçons de suivre les cours de ces écoles. Toutefois il convient d’ajouter que les résultats obtenus sont loin de correspondre aux dépenses et aux efforts tentés dans ce but.

Malgré toutes les recommandalions officielles, c’est à peine si chaque école voit ses cours suivis par une trentaine d’élèves et cela n’a rien d’étonnant, car ces tribus ne sentent pas l’utilité et la nécessitéde l’instruction. Les quelques « Derrers » ignorants qui, avant l’installation des écoles nomades, apprenaient dans les douars à lire et à écrire aux enfants, suffisaient amplement à la conception dont les Harrars et les Oulad Kheliff se font de l’instruction Les écoles nomades avec leurs programmes variés quoique très simples, sont à leurs yeux un enseignement supérieur, inutile et encombrant, aussi est ce avec beaucoup de difficultés que le recrutement de la justice musulmane est assuré dans ces confédérations. Mais si les instituteurs ne tiennent qu’une place bien minime dans l’esprit des indigènes du cercle de Tiaret il n’en est pas de même des marabouts et autres chefs religieux. En vrais descendants du prophète, les Harrar et les Oulad Kheliff respectent et vénèrent tout ce qui de près ou de loin touche à la religion de Mohammed. Ils sont presque tous serviteurs de Moulay Taïeb.Cet ordre a son siège au Maroc et son principal mokkadem est le marabout de Besnèss, Si El-Allouï, dont la famille a toujours été dévouée à la France en haine de l’ex-émir El-Hadj Abdelkader qui était serviteur de Moulay Abdelkader.

N.B

(1) Il existe une école du 2′ degré chez les Oulad Kharroubi, connue sous le nom de Zaouïa de Si Taïeb bel Fodhil qui est peu impoi-:ante et suivie par une quinzaine d’élèves environ.
(2) Sauf le douar des hamaïd des Guenadza. qui suit les doctrines de Sidi Abderrahmane.

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La superficie totale du cercle de Tiaretest de 1155000 hect. qui se subdivisent en 14,700 hectares reconnus cultivables par les indigènes eux-mêmes ;

287,000 hectares de pâturages ;

76,500 hectares de forêts et 776,800 hectares actuellement inutilisés. C’est, comme on le voit, une surface considérable ; un peu plus petite que la Picardie 1,269,000 hectares, que l’Angoumois 1,178,000 hectares, mais plus grande que le Limousin 1,007,000 hectares, le Maine 1,004,000 hectares, l’Anjou 894,000 hectares, la Corse 875,000 hectares, le Bourbonnais 789,000 hectares, la Savoie 1,100,000 hectares, etc., etc.

Sur cette aire sont dispersés 22,108 indigènes vivant sous la tente, 559 européens dont 526 résident à Trézel et 33 à El-Ousseurkr, 21 soldats chargés de la défense de ce poste militaire, 56 mozabites commerçants en résidence à Trézel et 14 à El-Ousseukhr. Cela donne un total général de 22,848 Ames, et donne comme densité de la population le faible chiffre de 0,0198 .

Les 76,500 hectares de forêts couvrent les flancs du Nador et du djebel Chebka, elles sont composées principalement de lentisques, de chênes-verts et de pins; on y rencontre la perdrix, la palombe, le chacal, la hyène, le sanglier et exceptionnellement la panthère. Dans les plaines d’El-Ousseukhr vivent de nombreux troupeaux de gazelles.

Les richesses minières que peut renfermer le sol si vaste du cercle de Tiaret sont peu ou point connues. Les seules indications que l’on possède à ce sujet se résument à l’existence de carrières à plâtre très abondantes au Djebel Sidi Labeb, d’une mine d’antimoine dans le djebel Nador et la présence de la terre à foulon aux environs de Sidi-Sàad.

Les carrières de plâtre sont exploitées par les européens depuis le construction de la ville de Tiaret; la mine d’antimoine est utilisée par les indigènes qui en retirent une certaine quantité de minerai pour leur usage personnel; ils ont donné au col où se trouve cette mine, le nom de Téniet-el-Koheul, quant à la terre à foulon, ils s’en servent comme savon naturel qu’ils désignent sous le nom de saf-saf.

Sur les bords Nord du Chott-esch-Chergui, dans le pays des Harrar se trouve une source d’eau-chaude, très abondante, nommée Aïn-Sekhouna (source chaude). Le degré de chaleur n’est pas très élevé 20° au maximum. Les Harrar et les Oulad Khelif, ne se livrent à aucune industrie; tout ce qui leur est nécessaire aux besoins de la vie est acheté au dehors. Ils se bornent à utiliser et transformer pour leurs usages personnels la laine et le poil provenant de la tonte de leurs troupeaux pour fabriquer des tapis (frachs), des couvertures de cheval (djelals), des sacs de laine {tellis), des coussins (oussadalis) à usages multiples. Dans quelques douars se trouvent en très petit nombre des forgerons et des selliers qui ne travaillent que pour les besoins de leurs tribus seulement.

Le territoire du cercle n’est traversé que par une seule route : celle de Tiaret à Aflou. lien ouverte et entretenue jusqu’à 15 kilomètres au-delà de Trézel elle se continue en piste irrégulière pour le surplus du parcours. Des sommes considérables ont été dépensées par la commune indigène pour la création de cette voie. Mais la tâche entreprise est trop lourde pour les ressources financières dont elle peut disposer; aussi Aflou ne sera-t il sérieusement l’elié au Tell que le jour ou l’Etat et le département combineront leurs efforts avec ceux faits jusqu’à ce jour par la commune indigène. En dehors de cette voie, des sentiers muletiers en montagne, permettent aux indigènes de se diriger vers les marchés et pays avoisinants. En plaine, le sol est si uni qu’un « Horri » prétend toujours marcher en ligne droite vers le point où il veut aboutir. Il n’a donc pas besoin de route ; de ci, de là, une colline dans le lointain lui suffit pour s’orienter; et si parfois il consent à dévier de la ligne la plus courte, c’est qu’il désire atteindre un point d’eau qui lui permettra d’étancher sa soif.

Source  Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran fondé en 1878

Bulletin TOME XXII- — 1902

Copyright Sersou info

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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