RSS

Documentaire. Le Port des amours, Reinette l’Oranaise la légende continue

20 mars 2013

Reinette l’Oranaise

le 17.03.13 | 10h00

 	Reinette l’Oranaise, une diva.

Reinette l’Oranaise, une diva.

«Je m’appelle Reinette l’Oranaise, née à Tiaret, je suis aveugle depuis l’âge de deux ans !». C’est l’entame émouvante d’une présentation déclinant une grande dame de la chanson en Algérie, ouvrant le documentaire Le Port des amours, Reinette l’Oranaise, de Jacqueline Gozland.

Le Port des amours, Reinette l’Oranaise, réalisé par Jacqueline Gozland (La Forêt Noire, Amours éternelles, Ancien Combattant, Les Gardiennes de la mémoire, Et la vie continue) est un documentaire, pour ne pas dire un document rare. Et pour cause ! C’est le seul film testamentaire portant sur la diva Reinette l’Oranaise, juive excellant dans la musique arabo-andalouse. Et que la cinéaste
Jacqueline Gozland — qui est de surcroît actrice, scénariste et productrice — a eu la géniale idée de concevoir en 1991. Un portrait d’une grande mélomanie retraçant l’itinéraire d’une enfant pas du tout gâtée. Des images insulaires, mouvantes et émouvantes invitant le spectateur à une vraie découverte.

Celle d’une artiste interprétant son art pas du tout mineur. Dans sa jeunesse, elle cannais les chaises. Elle et la musique se sont trouvées quand elle sera initiée à la musique arabo-andalouse par le maître Messaoud Medioni, dit Saoud l’Oranais. Reinette L’Oranaise apprendra toute la quintescence  de la musique arabo-andalouse, son mode, sa prosodie et puis les chants et les textes du ch’ir el melhoun (poésie chantée) du terroir sous les auspices et la direction orchestrale du maître Messaoud Medioni, son mentor.

«Je l’écoutais, j’apprenais, j’imprimais tout. Je n’avais rien à dire. C’était mon maître. Il disait : ‘‘mon élève n’est pas à plaindre. Elle voit tout ! Même quand je souris à une femme, elle le voit’’…», se souviendra Reinette. Le documentaire s’articulant autour d’un concert live au New Morning, le passage obligé et d’estime pour les musiciens et chanteurs, est étayé par des témoignages, des images d’archives, des anecdotes et surtout les moments forts et intenses où Reinette L’Oranaise a le sens de la répartie, l’art de la faconde et cette spontanéité et autre générosité qu’elle dégage de son aura.

Spontanée et entière

C’est que cette grande et majuscule chanteuse est entière. Elle n’hésite pas à contredire et à «railler» les questions de la réalisatrice Jacqueline Gozland.  «Je n’ai pas compris votre question» ; «Quand il faut travailler, je travaille, et quand il faut me reposer, je me repose» ; «Mais pourquoi posez-vous une telle question ?», ou encore : «Il ne fallait poser cette question», rétorquera-t-elle avec ironie. A propos d’un éventuel retour en Algérie et quel serait sa réaction au public, Reinette L’Oranaise hochera la tête, dira non avec la main et lancera : «Je m’en fous si on le verra là-bas ! ».

Ainsi, dans le documentaire Le Port des amours, Reinette l’Oranaise sera ponctué par des témoignages du grand journaliste, Boudali Safir, le compositeur et arrangeur émérité de Safy Boutella (Kutché), révérant le courage de Reinette L’Oranaise, José Arthur, le célèbre animateur radio de France Inter… Et puis, on apercevra le chanteur Georges Moustaki, Maurice Medioni ou encore Mustapha Skandrani, le fameux pianiste du chaâbi dont elle vantera les mérites : «Mustapha Skandrani a toujours été là. Alger et ici (Paris). Il n’a pas d’égal». Reinette L’Oranaise rendra hommage aussi aux grandes figures de la musique algérienne, notamment Cheikha Tetma, Meriem Fekkaï, Fadila D’ziria, Alice Fitoussi et Dahmane Benachour, lequel la congratulera : «Vous êtes plus haute que la Tour Effeil ! ».

En prime, des titres interprétés live comme Kif Amali Ou Hilti, ou encore Wahran El Bahia de Lili Abassi. Bref, un précieux documentaire portant sur une self-made-woman qui n’est pas une «petite reine» mais une grande reine de la musique arabo-judéo-andalouse.

K. Smail

Lire l’article depuis sa source 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

À savoir sur le phénomène I... |
Encrage |
LE BLOG DE MAITRE YVES TOLE... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | sitehgeo4
| "L'arbre qui tombe peut fai...
| Dra. Monica Guia