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Tiaret Appel à la sauvegarde des tombeaux d’Ajdar de Frenda

12 mai 2013

ECHO D-Oran, Tousnina

La wilaya de Tiaret compte plus de 452 sites archéologiques dont cinq ont été classés patrimoine national. Parmi ces vestiges, les tombeaux d’Ajdar, classés patrimoine national en 1968 et proposés à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial depuis 2002.

Deux associations locales oeuvrent à la protection de ce patrimoine. L’associa tion «Histoire et Vestiges de Tiaret», créée en 2008 et présidée par Boudebza Laamouri, a été parmi les premières à tirer la sonnette d’alarme sur la situation déplorable que connaissent les tombeaux d’Ajdar. Le président de l’association a indiqué que les facteurs naturels et climatiques sont à l’origine de la destruction de 10 tombeaux sur 13, précisant que le dernier tombeau a été détruit durant la Guerre de libération. Membre également de l’association culturelle nationale «Legs d’Algérie » sise à Bouira et opérationnelle depuis le 20 mars dernier, M. Boudebza a déploré le fait que l’université Ibn-Khaldoun ne consacre pas assez d’études aux tombeaux d’Ajdar, notant que la seule étude sur le sujet était une thèse présentée à la fin des années soixante. A ce propos, il a proposé la réalisation de documentaires virtuels pour tenter de reconstituer l’architecture des tombeaux réduits en ruines et connaître la vie sociale en ce temps. Concernant le rôle de l’association, M. Boudebza a indiqué que ses missions se résument à la sensibilisation quant à l’importance de ces vestiges à travers l’organisation de conférences et de campagnes de sensibilisation en coordination avec la direction de la Culture et la radio locale. Le responsable a, par ailleurs, salué l’organisation d’expositions de photographies sur les tombeaux d’Ajdar qui, selon lui, contribuent à faire connaître la région et ses vestiges. Comptant en grande partie sur «ses propres moyens», l’association poursuit, tant bien que mal, ses activités en faveur de la sauvegarde des tombeaux d’Ajdar. En 2011, un film documentaire de 26 minutes a été réalisé sur le sujet et projeté à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’Association pour la défense et la protection des vestiges de Tiaret, présidée par M. H’mida Daoud, milite également pour la sauvegarde des biens culturels de Tiaret. Selon le président de l’association, des sites archéologiques importants, à l’instar des tombeaux d’Ajdar, des grottes d’Ibn Khaldoun à Taghazout, du site de l’Emir Abdelkader et d’autres, souffrent de la marginalisation et ont grandement besoin de réhabilitation. Les tombeaux berbères de Frenda ou le site oublié A 30 km au sud-ouest de Tiaret, près de la ville de Frenda, au sommet de montagnes aux plaines verdoyantes, se dressent les tombeaux berbères d’»Ajdar», résistant au temps, à la nature et à l’homme. Il est difficile d’accéder à ces tombeaux qui datent de plusieurs siècles, en raison de l’absence de panneaux de signalisation et des chemins accidentés. Seuls trois des 13 tombeaux existants jadis résistent toujours au temps, tandis que les autres ne sont qu’amas de pierres et de murs tombant en ruine, ce qui leur a valu l’appellation d’»Ajdar», signifiant en berbère «les murs». Parmi ces «Ajdar», figure le tombeau d’»El-Keskès» qui est le mieux conservé des trois, mais qui se trouve dans un grand état de délabrement, nécessitant ainsi l’intervention rapide des autorités concernées. Ce site historique, qui n’a ni clôtures ni gardiens, reste complètement ouvert au public. Les avis des historiens divergent quant à la date de construction de ces tombeaux ou des personnes qui y sont enterrées. Selon un enseignant en archéologie à l’université Ibn-Khaldoun de Tiaret, M. Hadj Lebib, ces tombeaux datent de l’époque des «Rois Maures», entre le 5ème et le 7ème siècle, établis dans la région de l’Ouarsenis, dont le royaume s’étendait jusqu’au Maroc et qui étaient en conflit avec l’empire romain. Le directeur du Centre d’études khaldouniennes de Tiaret relevant du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques, M. Miliani Khaled, a, pour sa part, affirmé, en s’appuyant sur des faits historiques, que les travaux de construction des tombeaux d’»Ajdar» qui ont débuté à la fin du 3ème siècle, ont duré plus de trois siècles. Il est évident que ces tombeaux ont été construits suivant une stratégie militaire, en établissant des postes d’observation à leur sommet. Ils sont bâtis avec «des pierres romaines » mais suivant «l’architecture berbère locale portant les caractéristiques des Numides», a précisé M. Lebib, soulignant qu’ils «constituent le seul modèle architectural mauresque existant dans toute l’Afrique du Nord». Ces tombeaux ont des portes à leur sommet ou à leurs extrémités, qui sont difficile d’accès en raison de l’obscurité totale et de l’absence du réseau électrique, obligeant ainsi les visiteurs à utiliser leurs téléphones portables pour éclairer les lieux de leur passage, ce qui pourrait leur faire rater beaucoup de secrets enfouis dans ces tombeaux. Pour accéder au tombeau d’«El-Keskès», à la base carrée et au plafond cylindrique, le visiteur doit grimper et entrer par une porte élevée, pour arriver à un deuxième tombeau au sommet d’une montagne avoisinante, considérée jusqu’à nos jours, comme un repère pour les habitants de cette région. Une forte odeur d’ambre, parfum très prisé par les habitants de la région, embaume les lieux, réveillant les sens des visiteurs, attirés par l’étrangeté du site, avec ses passages exigus et ses chambres funéraires qui laissent l’imagination errer sur les rites mortuaires d’antan. Les quelques gravures, qui ornent les façades internes et externes des tombeaux, représentent souvent des animaux, outre des formes géométriques au-dessus des entrées qui racontent l’histoire des premiers occupants de cette région et de leurs rois, enterrés dans ces tombeaux sacrés. «Ajdar», un site historique à protéger aux secrets enfouis Les «Ajdar» souffrent aujourd’hui de la négligence de l’homme qui menace leur existence, en sus des conditions météorologiques et des visites anarchiques et non contrôlées. «Si un tel site venait à disparaître, ce serait tout un patrimoine historique qui disparaîtra, avec toute la valeur civilisationnelle qu’il revêt», a averti M. Lebib, dont la préoccupation quant au sort de ces tombeaux est partagée par plusieurs associations locales. Ces tombeaux ont été découverts de façon progressive à partir du 19ème siècle et ont été classés par la France coloniale en 1913, puis reclassés par l’Algérie en 1968. Le ministère de la Culture a proposé de les classer patrimoine mondial. Même si l’armée d’occupation française avait bombardé une partie de ces tombeaux, «à la recherche des moudjahidine», selon certaines sources, la période coloniale avait été marquée par «l’intérêt académique soutenu» accordé à ce site, a indiqué M. Lebib.

Douzième année – Numéro 3914 – Dimanche 12 Mai 2013 – www.echo-doran.com – Prix 10 DA

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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